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Books特集『ジョン・コルトレーン生誕100年』No. 341

#150 ジェローム・シュミット『ジョン・コルトレーンへの祈り〜日本を聴く』

text by Philippe Séclier  フィリップ・セクリエ

著者:ジェローム・シュミット
書名:ジョン・コルトレーンへの祈り
版元:ノワール・シュール・ブラン社「タビリア・コレクション」
初版:2026年8月26日
頁数:128ページ
価格:17.50ユーロ。


1966年7月、ジョン・コルトレーンは最初で最後の日本ツアーを行った。それから60年後、彼の生誕100周年を記念して、ジェローム・シュミットは、今なお鮮烈な存在感を放つ音楽を求めて日本列島を旅する。『ジョン・コルトレーンへの祈り』は、北海道から九州まで、今もなお人生の大切な一部を彼に捧げ続ける人々との出会いへと私たちを誘う。

この旅の中心にあるのは、「ジャズ喫茶」と呼ばれるカフェだ。人々がレコードを聴きに集まる場所で、多くの場合、静寂の中で音楽が流れる。何十年にもわたり、オーナーたちはジャズの歴史だけでなく、彼ら自身の人生の物語をも物語るコレクションを築き上げてきた。こうした場所では、音楽との出会いが運命を左右することもあるのだ。

「大阪の迷宮の中の着物」という章は、このことを特に鮮やかに描き出している。6ヶ月にわたる文通と推薦を経て、ジェローム・シュミットは大阪のコルトレーン・ハウスの創設者である藤岡靖洋と出会った。着物を着て自転車を押しながら街を歩くこのコレクターは、最初は訪問者の知識を試そうとした。しかし、やがて控えめな態度は会話へと変わり、二人の散歩は、ほとんど消し去られてしまった風景の中にコルトレーンの存在の痕跡を浮かび上がらせた。

藤岡は1966年のコンサートには参加していなかった。彼の情熱は後に「ジャズ喫茶」で芽生え、『Olé』、そして『OM』との出会いがきっかけとなり、サンスクリット語やインドの精神性を研究するようになった。「自分の音楽を見つけたと確信した」と彼は打ち明ける。この発見から、旅、出会い、書籍、そして写真、サイン、資料の絶え間ない探求が始まった。収集は、作品にアプローチし、理解し、その歴史を伝える手段となった。

しかし、この熱狂は当初の誤解を消し去るものではない。ジェローム・シュミットが集めた証言によれば、日本ツアーの記憶は、単なる即座の成功というよりも、はるかに複雑なものだった。『至上の愛』を聴き慣れたリスナーでさえ、その自由さに戸惑いを覚える。藤岡は、その真意を理解するには時間が必要だと強調する。彼はまた、この自由さを自身の世代の政治的、精神的な願望と結びつける。彼の目には、コルトレーンの音楽は生き方そのものを体現していたのだ。

旅が進むにつれ、熱狂は消えゆくものへの意識と混じり合う。レストランはその用途を変え、目撃者は次第に姿を消し、場所の記憶は、建物のファサードの前で立ち止まる一人の人物の記憶にのみ残る。しかし、物語はこの愛着のエネルギーを保ち続け、藤岡の告白へと至る。「私は、私なりのやり方で、運命を超越した」。

『ジョン・コルトレーンへの祈り』は、音楽が人生を変える力を持っていることを明らかにしている。カフェ、コレクション、そして会話を通して、ジェローム・シュミットは、音楽を聴くことが親密で共有された体験であり続ける日本の姿を描き出す。コルトレーンを称えるため、彼は私たちを、日々彼の音楽と共に生きる人々との出会いへと誘う。(編集部監訳)


 

フィリップ・セクリエ Philippe Séclier
1958年、パリ郊外に生まれる。
ジャーナリスト、写真家、シリーズ編集者、展覧会キュレーターとして活動し、長年にわたり写真・建築・旅が交差する領域で作品を制作。その過程で、ピエル・パオロ・パゾリーニ、ロバート・フランク、エド・ルシェといった巨匠たちの足跡をたどる旅も行う。2021年にAtelier EXB(仏語版)およびPrestel(英語版)から出版された建築家・安藤忠雄に関する著書『ATLAS』で高い評価を得る。最新刊に『Keith Jarrett Japan 1976』(arléa)。


Une prière pour John Coltrane : à l’écoute du Japon

En juillet 1966, John Coltrane effectue sa première et unique tournée au Japon. Soixante ans plus tard, à l’heure du centenaire de sa naissance, Jérôme Schmidt parcourt l’archipel sur les traces d’une musique dont la présence demeure vive. Une prière pour John Coltrane nous entraîne d’Hokkaidō à Kyūshū, à la rencontre de ceux qui continuent de lui consacrer une part essentielle de leur existence.

Au cœur de ce voyage, les jazz kissa, ces cafés où l’on vient écouter des disques, souvent en silence. Leurs propriétaires ont rassemblé, au fil des décennies, des collections qui racontent autant l’histoire du jazz que leur propre vie. Dans ces lieux, une découverte musicale peut décider d’un destin.

Le chapitre « Un kimono dans le dédale d’Osaka » en offre une illustration particulièrement vivante. Après six mois de correspondance et de recommandations, Jérôme Schmidt rencontre Yasuhiro Fujioka, l’homme de la Coltrane House d’Osaka. En kimono, poussant son vélo dans les rues de la ville, ce collectionneur commence par éprouver les connaissances de son visiteur. Puis la réserve cède à la conversation, et leur promenade fait resurgir les traces du passage de Coltrane dans un paysage qui les a presque effacées.

Fujioka n’a pas assisté aux concerts de 1966. Sa passion s’est construite ensuite, dans les jazz kissa, avec la découverte d’Olé, puis d’Om, qui le conduira jusqu’à l’étude du sanskrit et des spiritualités indiennes. « Je savais que j’avais trouvé ma musique », confie-t-il. De cette révélation naîtront des voyages, des rencontres, des livres et une recherche incessante de photographies, d’autographes et de documents. Collectionner devient une façon d’approcher l’œuvre, de la comprendre et d’en transmettre l’histoire.

Cette ferveur n’efface pourtant pas les incompréhensions des débuts. Dans les témoignages recueillis par Jérôme Schmidt, le souvenir de la tournée japonaise se révèle plus complexe que celui d’un triomphe immédiat. Des auditeurs encore familiers de A Love Supreme découvrent une musique dont la liberté les désoriente. Fujioka souligne le temps nécessaire pour en mesurer la portée. Il relie aussi cette liberté aux aspirations politiques et spirituelles de sa génération : la musique de Coltrane engage, à ses yeux, une manière de vivre.

Au fil de la marche, l’enthousiasme se mêle à la conscience de ce qui disparaît. Un restaurant a changé de vocation ; les témoins s’éteignent ; la mémoire des lieux ne tient parfois plus qu’à un homme qui s’arrête devant une façade. Mais le récit garde l’énergie de cet attachement, jusqu’à cette confidence de Fujioka : « J’ai dépassé, à mon niveau, mon destin. »

C’est cette capacité d’une musique à transformer une existence que fait entendre Une prière pour John Coltrane. À travers les cafés, les collections et les conversations, Jérôme Schmidt dessine un Japon où l’écoute reste une expérience intime et partagée. Pour célébrer Coltrane, il nous invite à rencontrer ceux qui, jour après jour, continuent de vivre avec sa musique.

Jérôme Schmidt, Une prière pour John Coltrane, éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, 128 pages, 17,50 €.


Philippe Séclier
Né en 1958 en banlieue parisienne.
Journaliste, photographe, directeur de collection et commissaire d’exposition, il travaille depuis de nombreuses années à la croisée de la photographie, de l’architecture et du voyage. Il a ainsi parcouru le monde sur les traces de grands maîtres tels que Pier Paolo Pasolini, Robert Frank et Ed Ruscha. Son livre « ATLAS », consacré à l’architecte Tadao Ando et publié en 2021 par Atelier EXB (édition française) et Prestel (édition anglaise), a été salué par la critique. Son dernier ouvrage, «Keith Jarrett Japan 1976 », est paru aux éditions arléa.

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